Repères de musique classique

L'expression « musique classique » désigne, au sens large, la musique savante occidentale écrite. Au sens strict, elle ne désigne qu'une période, la seconde moitié du 10-huitième siècle. Cette ambiguïté explique bien des malentendus.

Les grandes périodes

La période baroque, du début du 10-septième siècle au milieu du 10-huitième, développe la basse continue, l'opéra, le concerto et la fugue. Bach, Vivaldi, Haendel, Rameau en sont les figures majeures.

La période classique, ensuite, privilégie la clarté, l'équilibre et la forme sonate. Haydn, Mozart et le premier Beethoven la représentent, autour de Vienne.

Le romantisme, au 10-neuvième siècle, élargit l'orchestre, l'harmonie et l'expression subjective. Puis viennent l'impressionnisme, la seconde école de Vienne, et les langages du vingtième siècle, qui remettent en cause jusqu'au système tonal lui-même.

Beethoven, le pivot

Il domine la charnière entre classicisme et romantisme, et il éclipse ses contemporains par sa maîtrise de la composition instrumentale et par une expression nouvelle. Ses neuf symphonies, ses 32 sonates pour piano et ses derniers quatuors constituent des sommets encore inégalés dans leur influence sur tout ce qui a suivi.

En France à la même époque, Étienne-Nicolas Méhul domine l'art musical par ses opéras comiques, genre alors central de la vie musicale parisienne.

Le romantisme allemand

Il poursuit la tradition du classicisme viennois avec une liberté formelle plus grande. Franz Schubert compose plus de 600 lieder, portant à un sommet ce genre où la voix et le piano forment un tout indissociable.

Robert Schumann développe des cycles pour piano d'une conception nouvelle et joue un rôle décisif dans la redécouverte de Bach, en soutenant la publication de son œuvre, un travail auquel Mendelssohn est associé, lui dont l'exécution de la Passion selon saint Matthieu en 1829 marque le retour de Bach au répertoire.

L'opéra romantique allemand trouve son fondateur en Carl Maria von Weber, avec Le Freischütz, qui installe le surnaturel et la forêt comme matière dramatique.

La France et la Pologne

La tradition française, héritière de l'opéra comique italien, se poursuit avec François-Adrien Boieldieu, dans un registre gracieux et mélodique.

Frédéric Chopin, installé à Paris, écrit presque exclusivement pour le piano et invente un langage pianistique entièrement neuf. Sa musique porte l'écho d'une Pologne alors partagée entre trois empires, dont il ne reverra jamais le territoire, les polonaises et les mazurkas en sont l'expression la plus directe.

Les formes, en quelques mots

La symphonie est une œuvre pour orchestre en plusieurs mouvements. Le concerto oppose un soliste à l'orchestre. La sonate est écrite pour un ou 2 instruments. Le quatuor à cordes réunit deux violons, un alto et un violoncelle, la forme la plus exigeante et la plus intime de l'écriture.

Le lied est une mélodie pour voix et piano sur un poème. L'opéra associe musique, texte et scène. L'oratorio suit le même principe sans mise en scène.

Par où commencer

Le conseil le plus utile n'est pas une liste d'œuvres, c'est une méthode : écouter la même œuvre plusieurs fois plutôt que beaucoup d'œuvres une fois. La musique écrite se révèle à la répétition, et une symphonie entendue 5 fois devient une autre expérience.

Le concert reste par ailleurs sans équivalent : la dynamique, la spatialisation et l'engagement physique des musiciens ne se transmettent pas par l'enregistrement. Les tarifs jeunes et les répétitions générales ouvertes rendent l'accès plus simple qu'on ne le croit.

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